S’ils sont seuls, les sillons font sels,
Se surestiment et sélectionnent,
Sucent vos symbioses et viscères,
Sans se lasser et ils succionnent.
Fiel
Limbes
Contrairement à mon âme, tout est blanc et sornettes,
En somme des acrostiches, quelques esperluettes,
Bien trop peu de sommeil, cauchemarder des miettes,
Et un ventre trop vide, à rêver des assiettes.
Conne et scion
J’ai vu les yeux s’ouvrir,
Aider, protéger, mourir,
Ils ont observé, longtemps,
Puis se sont fermés au temps.
En faire
Le globe ne tourne pas rond,
Les antipodes se font scions,
Pivotent les idées despotes,
Aucune main tendue ne porte,
Vous faites barrage de vos chairs,
Seules répondent amères,
Vos ondes se terrent.
E-au-x Trou-bles
A chaque doigt marionnettiste s’enroule une histoire de corps,
Si la corde se fait trop fine, c’est qu’il n’est pas temps encor’,
Mais chacune des bulles éclosent deux nouveaux mondes,
C’est en suivant ces ruisseaux qu’on crée des dédales d’ondes.
Rien
Rien ne m’intéresse.
C’est faux.
Je me fous de tout.
Vous ne pouvez pas me faire mal.
Pourrir
Des tissus mous du canapé aux chairs abstraites,
Entrelacées attendre la mort déjà préfaite,
Ambitions fumées, parois interdites,
Succomber aux vapeurs faciles qu’on nous dicte.
Les nuits calmes
Mon enfance, c’est un drôle de bordel. D’un côté, il y avait l’école. J’en tremblais de chaque membre tous les matins, avant de prendre le bus. Le collège, c’était horrible. Pire que la mort. On me crachait dessus, on me tapait dessus, on me collait des chewing-gums dans les cheveux, on me mettait des coups de briquet sur le corps. Dans mon groupe “d’amis”, deux s’en foutaient de tout, l’autre était souvent sympa, mais parfois me tapait sans raison et je n’avais pas le droit de riposter sous risque de m’en prendre une autre jusqu’à ce qu’il ait le dernier mot.
Torture Thérapeutique
L’hôpital psychiatrique. On ne m’a pas tellement laissé le choix. Mais au-delà de comment ai-je fini par y mettre les pieds, la question est surtout de savoir l’état dans lequel ont fini lesdits pieds, une fois sur place.
Vautours
J’dépose mon ancre quand j’le sens, j’dégaine ma plume et mon sang, et l’encre que j’fais baver face à vos gueules d’enterrement. Sans vos savoirs académiques je couche mes viols sur papier, les souvenirs de l’HP, ces potes que j’ai cramé, ma dégaine regrettée d’anorexique encombrée.