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Haut les mains

[Pour les personnes s’apprêtant à lire ce qui suit, une mise en garde : le texte contient de la violence physique et psychologique sur mineure]

Il est amusant de constater la facilité qu’ont les gens à se bander les yeux. Ma famille d’abord, préférant me voir encaisser que de se brouiller avec mon père. Ma mère ensuite, me répétant qu’il avait un bon fond et que la responsabilité me revenait en partie. Et encore aujourd’hui mes collègues, feignant de ne pas comprendre pourquoi je me refuse au maximum à retourner chez mes parents depuis que j’ai décroché mon indépendance. Jusqu’à la culpabilisation parfois. Mes parents jouissent d’une immunité, comme tant d’autres, et il semblerait que je leur doive quelque chose. Je reste persuadée qu’iels préfèrent que je ne leur retourne pas la politesse.

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Selim

Selim. J’ai, et je pense d’être loin la seule, besoin de nommer les choses. Pour comprendre. Créer des boîtes dans lesquelles rentrent les concepts, quitte à les changer plus tard. J’ai toujours eu ce besoin de rangement, à trier mes livres, boîtes de conserve, épices, prénoms*, par ordre alphabétique. Pourtant, celui-ci, ce n’est pas moi qui l’ai choisi. Enfin, pas directement.

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Les nuits calmes

Mon enfance, c’est un drôle de bordel. D’un côté, il y avait l’école. J’en tremblais de chaque membre tous les matins, avant de prendre le bus. Le collège, c’était horrible. Pire que la mort. On me crachait dessus, on me tapait dessus, on me collait des chewing-gums dans les cheveux, on me mettait des coups de briquet sur le corps. Dans mon groupe “d’amis”, deux s’en foutaient de tout, l’autre était souvent sympa, mais parfois me tapait sans raison et je n’avais pas le droit de riposter sous risque de m’en prendre une autre jusqu’à ce qu’il ait le dernier mot.

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Cachou

TW : mort d’un animal

Cachou, c’est le nom qu’on lui a donné. Un petit oiseau, trouvé perdu sur la rue principale. Un choucas des tours. Il n’allait pas bien. Pas tombé du nid. Pas en exploration en attendant que sa mère vienne le chercher. Non. Blessé. Presque mort. Effrayé. On l’a pris, on l’a emmené chez nous.

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De vi(d)e

Ils ont leur jolie droite sur le bitume, discontinue, prétracée du sang de leurs ancêtres. Alors je regarde mes jalons, un à un, et chacun semble inatteignable. Si je n’avance pas, si je n’ai ni projet ni ambition, c’est car je suis déjà morte. Le genre de phrase qu’on écrit sur son agenda au collège. Le corps a déjà cédé, dans ma tête, il ne reste plus qu’à coucher le dessin.

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