Elle est ma flamme et me consomme,
Comme elle s’allume quand je m’exclame,
Mais les braises tonent et se conforment,
Et c’est nos voix que l’on assomme.
Haut les mains
[Pour les personnes s’apprêtant à lire ce qui suit, une mise en garde : le texte contient de la violence physique et psychologique sur mineure]
Il est amusant de constater la facilité qu’ont les gens à se bander les yeux. Ma famille d’abord, préférant me voir encaisser que de se brouiller avec mon père. Ma mère ensuite, me répétant qu’il avait un bon fond et que la responsabilité me revenait en partie. Et encore aujourd’hui mes collègues, feignant de ne pas comprendre pourquoi je me refuse au maximum à retourner chez mes parents depuis que j’ai décroché mon indépendance. Jusqu’à la culpabilisation parfois. Mes parents jouissent d’une immunité, comme tant d’autres, et il semblerait que je leur doive quelque chose. Je reste persuadée qu’iels préfèrent que je ne leur retourne pas la politesse.
La nuit est longue
Les yeux te sondent, la nuit est sombre,
Lève-toi sans ombre, rampe vers l’immonde,
Je ris puis gronde, quand tu dénombres,
Les lames de jet puis vagabondes.
Sucs
S’ils sont seuls, les sillons font sels,
Se surestiment et sélectionnent,
Sucent vos symbioses et viscères,
Sans se lasser et ils succionnent.
Rhumiliation
Elle fut aux antipodes, la carcasse altérée,
Relique de moults autres, temps caduque et futile,
Un sablier de mode, où grains passent affectés,
Ricochent à chaque apôtre, les vents soufflent la bile.
Mis_
Moi j’ai peur des hommes et veux qu’on m’enterre,
Car la vie est morne, la mienne un enfer,
Quand je m’empoisonne et tu nous l’appaires,
Je me sens si conne et me foutre en l’air.
Blanc
Les premières années ont été découvertes macabres. Une exploration charnelle motivée par une simple curiosité. Un goût du sans, un vide à combler. Voir ce qui n’avait été dit, jamais appris. Un os à ronger au milieu d’un cimetière d’éléphants.
Limbes
Contrairement à mon âme, tout est blanc et sornettes,
En somme des acrostiches, quelques esperluettes,
Bien trop peu de sommeil, cauchemarder des miettes,
Et un ventre trop vide, à rêver des assiettes.
L’Arche de l’Éon
La pénombre fut éternelle,
Enlisée en bourbiers de miasme,
Les yeux comme carapace au fiel,
Et l’angoisse comme seul spasme.
Grand son
Crie. Perds le temps.
Personne n’entend.
Tu hurles dans le vide.
Tu brûles, tu t’évides.