La pénombre fut éternelle,
Enlisée en bourbiers de miasme,
Les yeux comme carapace au fiel,
Et l’angoisse comme seul spasme.
Poésies
Grand son
Crie. Perds le temps.
Personne n’entend.
Tu hurles dans le vide.
Tu brûles, tu t’évides.
Conne et scion
J’ai vu les yeux s’ouvrir,
Aider, protéger, mourir,
Ils ont observé, longtemps,
Puis se sont fermés au temps.
En faire
Le globe ne tourne pas rond,
Les antipodes se font scions,
Pivotent les idées despotes,
Aucune main tendue ne porte,
Vous faites barrage de vos chairs,
Seules répondent amères,
Vos ondes se terrent.
Abysses
Sous les profondeurs de l’eau,
Dorment aux coins des mâchoires,
Quelques perles et idéaux,
Que les vagues polissent dans le noir.
Plus jamais dehors
La vie a fait de moi cette larve inepte, inapte. J’ai pris les coups, l’un après l’autre, qu’on a choisis pour moi. Le mal, partout. De nombreux visages, certains familiers, d’autres que j’ai oublié, et sans doute m’en suis-je fait aussi. J’ai été crachée, frappée, brûlée, humiliée, violée. Et aucun mot ne saurait illustrer les cauchemars qui ont suivi.
Le long rien
Dans ce grand dédale blanc,
Tout l’intérieur se fait absent,
Je glane quelques secondes à fixer le plafond,
Espérant chaque clignement se muer en sommeil profond.
Heureux Heurts
Si je n’ai plus que ma chair tendre,
Sous un linceul tâché jadis,
Qui ne puisse servir d’offrande,
Autant la laisser seule aux mouches.
Nouvelle, échec
D’aussi loin que j’en eu une mémoire,
Je fus pariat, de haine : l’avatar,
Il fut faux amis, bourreaux cachant moins,
Confréries se relaient d’esprits malins.
Jalousies
Ma vie fut cerclée de morbide,
Dont les entours si versatiles,
Rendirent tant de faces albides,
Teignant jusqu’au bout de mes cils.