Il y a la famine, yeux livides et qui grouillent
Leurs trajets incessants qui aliènent les sens
Des charniers qu’ils explorent et du charnel en fouille
Les rebelles en goudron des visions qui s’obstinent
Qui se tordent et se muent en des guerres intestines
Et cousus à la hâte en répit de patience
Poésies
Terre à terre
Je suis la pierre, l’érodée, celle qu’on entame à la pioche. Celle dont on éparpille les morceaux comme un puzzle à la crèche. Celle à la mousse flétrie et aux parois lézardées. Celle aux gravats feutrés et aux gisements déjà pillés.
Marche à pied
Dix vagues
Contrepoids
J’ai les pas hésitants
Les passants inquiétants
Un peu d’encre à mes pieds
Et je bave
J’érode
Je suis fragmentée. F r a g m e n t é e car je suis seule. Mais accompagnée de mes plusieurs. Tous sont différents et se relaient avec une frénésie à peine perceptible.
Mauve
Si on venait un jour me demander « Quelle est ta couleur préférée ? » je répondrais « Mauve ». On y verrait une couleur, probablement rien de plus. Qu’attend-on d’autre lorsque l’on pose la question ?